Ukash : définition, histoire et disparition du service
Ukash en bref, les points clés à retenir
Identité du service
- Nom : Ukash
- Catégorie : voucher prépayé, également appelé monnaie électronique
- Fondation : 2005
- Siège : Londres au Royaume-Uni
- Société mère : Smart Voucher Ltd
- Fin d'activité : 2015, à la suite du rachat par Skrill
Fonctionnement
- Principe : échange d'espèces contre un code sécurisé à dix-neuf chiffres
- Usage : paiement en ligne ou chez les commerçants participant au réseau
- Points de vente : kiosques, distributeurs automatiques et commerces partenaires
- Compte utilisateur : aucun compte n'était nécessaire pour utiliser le service
Chronologie clé
- 2005 : fondation du service par Smart Voucher Ltd
- 2012 : publication de conseils de sécurité face aux tentatives de fraude
- 2013 : soutien au lancement d'AvoidOnlineScams.net
- Avril 2014 : rachat d'Ukash par le groupe Skrill
- Juin 2014 : lancement de la carte prépayée Ukash Travel Money Mastercard
- Avril 2015 : intégration complète d'Ukash à Skrill
- 31 août 2015 : arrêt de la distribution des vouchers
- 31 octobre 2015 : expiration définitive des codes restants
- Mai 2016 : finalisation du transfert des soldes vers Paysafecard
Sécurité et dérives
- Point fort : anonymat total avec aucune coordonnée bancaire transmise
- Risque principal : extorsion de codes par des escrocs se faisant passer pour des créanciers ou des vendeurs
- Dérive notable : utilisation par des rançongiciels pour réclamer le paiement de rançons
- Consigne officielle (2012) : conserver chaque code comme de l'argent liquide, ne jamais le transmettre par téléphone ou par courriel
Statut actuel
- Disponibilité : aucun casino en ligne régulé n'accepte plus Ukash
- Successeur direct : Paysafecard, qui a repris l'intégralité du système de codes
- Alternatives prépayées actuelles : AstroPay, Intercash, Oh My Cash, PurplePlay
- Recommandation éditoriale : privilégier un moyen de paiement actif pour tout dépôt ou retrait
Ukash, la biographie d'un pionnier du paiement en ligne aujourd'hui disparu
Tapez « Ukash casino » dans un moteur de recherche, et vous tomberez encore sur des dizaines de pages qui vantent ce moyen de paiement comme s'il était toujours d'actualité, alors qu'il a disparu depuis 2015. La vérité est plus simple, et nous préférons vous la donner sans détour. Ukash est un moyen de paiement qui n'existe plus. Ce système a fermé boutique cette année-là. Il a été absorbé corps et âme par la marque Paysafecard. Ce que nous vous proposons ici n'est donc pas un guide pour déposer chez tel ou tel opérateur, mais un retour en arrière sur l'histoire d'un service qui à sa manière a marqué les débuts du paiement anonyme sur internet.
Ukash, une définition avant tout
Ukash appartenait à la catégorie des vouchers prépayés. Il s'agit d'une famille de moyens de paiement distincte des eWallets, des cartes bancaires classiques et des cryptomonnaies. On parle aussi, pour désigner cette famille, de monnaie électronique. Concrètement, un utilisateur échangeait des espèces contre un code sécurisé de dix-neuf chiffres dans un point de vente participant. Par la suite, il utilisait ce code pour régler un achat en ligne, recharger un portefeuille électronique, ou encore transférer de l'argent. Le principe rejoint d'ailleurs celui de Paysafecard aujourd'hui. Ce système ne propose pas de compte à créer, pas de coordonnées bancaires transmises mais juste un code à usage unique.
Une naissance londonienne, en 2005
Le service voit le jour en 2005, porté par la société Smart Voucher Ltd, basée à Londres. L'idée séduit rapidement. En effet car dans un monde où la carte bancaire reste perçue comme risquée par une partie des internautes, et où les premiers casinos en ligne peinaient déjà à convaincre les plus prudents, Ukash offre une alternative tangible. On achète chez un buraliste ou dans une station-service un voucher en espèce, et on l'utilise comme on utiliserait un billet de banque. Ceci à une différence près qu'il transite par un écran plutôt que par un comptoir.
Un mécanisme pensé pour la simplicité
Le fonctionnement tenait en quelques étapes. L'utilisateur se procurait un code Ukash dans l'un des nombreux points de vente participants, kiosques ou distributeurs automatiques répartis à travers le monde. Ce code correspondait à une somme précise. Il suffisait ensuite de le saisir sur le site marchand au moment du paiement. Fait amusant, et assez ingénieux pour l'époque : si le montant de l'achat était inférieur à la valeur du code, le commerçant pouvait générer un nouveau code pour la différence. C'est un peu comme on rendrait la monnaie sur un billet.
Le tournant 2013-2014 avec une tentative de diversification
Ukash ne s'est pas contenté d'exister en marge du secteur. En 2013, la société a soutenu le lancement d'AvoidOnlineScams.net. Ce fut une initiative destinée à sensibiliser les consommateurs aux arnaques en ligne, ironie du sort pour un moyen de paiement qui allait lui-même devenir un terrain de chasse privilégié pour les escrocs. Puis, en juin 2014, Ukash a lancé sa propre carte prépayée rechargeable. Elle portait le nom de la Ukash Travel Money Mastercard. Elle était disponible en euros et en dollars américains pour être utilisable partout où les cartes Mastercard étaient acceptées. Une diversification logique, mais arrivée bien trop tard car le rachat par Skrill était déjà en cours.
L'ombre au tableau, Ukash et la fraude en ligne
Il faut le dire sans détour, car c'est aussi cela l'honnêteté éditoriale : Ukash a longtemps souffert de son propre point fort. L'anonymat qui séduisait tant d'utilisateurs légitimes. Par exemple ceux qui voulaient par exemple déposer sur un casino en ligne Ukash sans exposer leur carte bancaire mais aussi tout autant les escrocs.
L'extorsion de codes qui est une pratique répandue
Des victimes se sont vu extorquer des codes sous prétexte de prêts avantageux ou d'articles fictifs vendus sur des plateformes comme Gumtree. Le mécanisme reposait toujours sur la même ficelle en ayant pour mission de convaincre la victime de communiquer son code par téléphone ou par courriel. Or Ukash avait été conçu exclusivement pour régler des paiements en ligne ou chez les commerçants participant au réseau et jamais pour être communiqué de la sorte. Cette confusion qui fut largement entretenue par les escrocs explique à elle seule la majorité des arnaques recensées à l'époque.
Le rançongiciel, la dérive la plus sombre
Pire encore, le paiement par Ukash est devenu à une époque l'un des moyens privilégiés des rançongiciels pour réclamer leur dû aux victimes infectées. Un comble pour un système qui, à l'origine, cherchait justement à sécuriser les transactions en ligne. En 2012, la société avait dû publier des conseils de sécurité, rappelant que chaque code devait être « conservé en lieu sûr ». Cela au même titre que de l'argent liquide, et jamais transmis par téléphone ou par courriel.
2014-2016, le rachat par Skrill et la disparition programmée
Le point de bascule survient en avril 2014, lorsque le groupe Skrill rachète Ukash. Un an plus tôt, ce même Skrill avait déjà mis la main sur Paysafecard qui est le concurrent autrichien. La logique industrielle a fait le reste. Pourquoi maintenir deux systèmes de vouchers concurrents au sein d'un même groupe ? En avril 2015, Ukash est pleinement intégré à Skrill. La distribution des vouchers cesse le 31 août 2015, et les codes déjà en circulation perdent toute validité le 31 octobre 2015. Les utilisateurs disposant encore d'un solde pouvaient l'échanger contre un PIN Paysafecard. C'est un processus que l'entreprise autrichienne annoncera avoir totalement finalisé en mai 2016.
Pourquoi nous ne recommandons aucun casino Ukash aujourd'hui ?
Nous pourrions comme tant d'autres sites dresser une liste de « meilleurs casinos Ukash » pour capter du trafic sur un mot-clé qui visiblement fait encore recette. Nous ne le ferons pas. Ce serait purement et simplement mentir à notre audience et ce n'est pas du tout notre façon de travailler. Aucun casino en ligne régulé n'accepte Ukash aujourd'hui. Ceci pour la bonne raison que le service a cessé d'exister depuis 2015. Si vous recherchez une solution proche dans son esprit, anonyme, prépayée, sans compte bancaire à lier, c'est vers Paysafecard qu'il faut vous tourner. C'est littéralement l'héritier direct d'Ukash, avec le même principe de code à usage unique.
L'héritage d'Ukash apportant une philosophie qui a fait des émules
Surtout un nom, et quelques souvenirs pour les joueurs qui ont connu les débuts de l'iGaming en ligne. Le secteur a depuis considérablement évolué, et la philosophie qu'incarnait Ukash, celle du paiement anonyme, sans compte bancaire à lier, a essaimé bien au-delà de Paysafecard.
- AstroPay, née en 2009 et solidement implantée en Amérique latine et en Asie. Il se charge de reprendre l'esprit sous la forme d'une carte prépayée virtuelle.
- De son côté, Intercash pousse le concept plus loin. Oui en effet car sa carte prépayée Mastercard permet aussi de recevoir directement ses gains de casino, ce qu'un simple voucher comme Ukash n'a jamais su faire.
- Oh My Cash propose sur certains opérateurs un dépôt et un retrait en espèces via un réseau de points de vente physiques.
- Enfin, la marque de PurplePay perpétue le principe du voucher sans création de compte. Un système plutôt prisé des joueurs d'Océanie et d'Amérique du Nord.
Comme vous le comprendrez, ce sont autant de variations sur un même thème qu'Ukash a contribué à populariser à sa manière. Le secteur a par ailleurs vu émerger les virements instantanés type Pay N Play et les cryptomonnaies. Ces dernières ont incontestablement ouvert un nouveau chapitre pour les amateurs d'anonymat renforcé. Dans les méandres de cette fabuleuse histoire, Ukash reste un jalon. Il fut la preuve indéniable qu'un moyen de paiement peut naître d'une bonne idée, connaître son heure de gloire, puis s'effacer devant plus efficace ou plus adapté que lui. Une trajectoire finalement assez proche de celle de bien des jeux d'argent ou des logiciels de jeu que nous passons en revue chaque semaine. On peut retenir qu'absolument tout dans cet écosystème a une durée de vie.
Questions fréquentes sur Ukash
Qu'est-ce qu'Ukash ?
Ukash était un système de paiement britannique fondé en 2005 par Smart Voucher Ltd. Il permettait d'échanger des espèces contre un code sécurisé de dix-neuf chiffres, utilisable pour régler des achats en ligne sans transmettre de coordonnées bancaires.
Ukash est-il encore un moyen de paiement actif ?
Non. Ukash a cessé toute activité en 2015, après son rachat par le groupe Skrill et sa fusion avec Paysafecard. Aucun casino en ligne régulé ne l'accepte aujourd'hui.
Quelle était la catégorie de moyen de paiement d'Ukash ?
Ukash appartenait à la catégorie des vouchers prépayés, aussi appelée monnaie électronique. Il s'agit d'une famille distincte des eWallets, des cartes bancaires classiques et des cryptomonnaies.
Quel est le successeur direct d'Ukash ?
Paysafecard est l'héritier direct d'Ukash. Racheté par Skrill un an avant Ukash, il a repris l'intégralité du système de vouchers, avec le même principe de code à usage unique.
Que sont devenus les vouchers Ukash non utilisés ?
Les utilisateurs disposant d'un solde restant pouvaient l'échanger contre un PIN Paysafecard. Ce processus a été finalisé en mai 2016, après l'expiration des derniers codes le 31 octobre 2015.
Peut-on encore déposer sur un casino en ligne avec Ukash ?
Non. Ukash a disparu du marché depuis 2015 et aucun opérateur régulé ne propose plus ce moyen de paiement pour les dépôts ou les retraits.
Pourquoi Ukash a-t-il disparu ?
Le groupe Skrill a racheté Ukash en avril 2014 soit un an après avoir acquis son concurrent Paysafecard. Pour rationaliser son offre, Skrill a fusionné les deux systèmes et mis fin à Ukash en 2015.
Ukash était-il un moyen de paiement sûr ?
Ukash offrait un anonymat élevé, mais cette caractéristique en a aussi fait une cible pour les escrocs. Notamment via l'extorsion de codes et les demandes de paiement liées aux rançongiciels.